Accueil / Blog / Marge brute vs marge nette
« On a une bonne marge » ne veut souvent rien dire tant qu'on n'a pas précisé de laquelle on parle. Marge brute et marge nette répondent à deux questions différentes — les confondre mène à des décisions de prix dangereuses.
La marge brute mesure ce qu'il reste du prix de vente une fois le coût d'achat ou de production retranché. Elle répond à une question précise : ce produit ou cette prestation est-il rentable en lui-même, avant même de prendre en compte le fonctionnement de l'entreprise ? C'est l'indicateur à regarder produit par produit, client par client, pour décider d'un prix ou d'un arbitrage commercial.
La marge nette, elle, intègre l'ensemble des charges : loyer, salaires, charges sociales, frais financiers, impôts. Elle répond à une question différente : l'entreprise dans son ensemble est-elle rentable ? Deux entreprises peuvent afficher la même marge brute et des marges nettes totalement différentes selon leur structure de coûts fixes.
Fixer un prix de vente uniquement à partir de la marge brute, sans se demander si elle couvre bien la part de charges fixes qu'elle doit absorber, est l'une des erreurs les plus courantes chez les dirigeants de TPE/PME. Un produit peut afficher une excellente marge brute et, une fois les charges fixes réparties, s'avérer à peine rentable — voire déficitaire.
Une prestation vendue 1 000 € avec un coût direct de 400 € affiche une marge brute de 60 %. Si l'entreprise ne réalise que dix prestations de ce type par mois et que ses charges fixes mensuelles s'élèvent à 5 500 €, la marge nette réelle une fois ces charges couvertes est bien plus étroite que les 60 % affichés ne le laissent penser.
Les deux indicateurs sont utiles, mais pas pour la même décision : la marge brute pour arbitrer entre produits ou négocier un prix, la marge nette pour juger de la santé globale de l'entreprise. Un dashboard qui affiche les deux, par produit et de façon consolidée, évite de trancher une décision commerciale avec le mauvais chiffre.