Accueil / Blog / Définir ses objectifs financiers
Un objectif annuel fixé en début d'exercice et jamais reconsulté n'est pas un outil de pilotage : c'est un vœu. Voici comment en faire quelque chose d'utile au quotidien.
Un objectif de chiffre d'affaires « rond » (fixer 500 000 € parce que c'est un chiffre satisfaisant) est rarement ancré dans la réalité de l'entreprise. Partir de la performance réelle de l'exercice précédent, puis y ajouter une progression justifiée (nouveau client majeur, nouvelle offre, embauche commerciale) donne un objectif beaucoup plus solide — et beaucoup plus facile à défendre en interne.
Un objectif de 500 000 € sur l'année ne se découpe pas mécaniquement en 41 700 € par mois : la plupart des activités ont une saisonnalité. Le découper en tenant compte de cette saisonnalité permet de savoir, dès le mois de mars, si l'entreprise est réellement en avance ou en retard sur sa trajectoire — plutôt que de le découvrir en décembre.
Atteindre un objectif de chiffre d'affaires en dégradant la marge pour y arriver (remises exceptionnelles, acceptation de conditions de paiement défavorables) n'est pas une réussite. Un objectif financier complet porte à la fois sur le volume et sur la marge, pas uniquement sur le premier.
Un objectif comparé chaque mois à la réalisation, sans jamais être questionné, perd son utilité au bout de quelques mois s'il s'avère structurellement hors d'atteinte (ou au contraire trop facilement dépassé). Le revoir en cours d'exercice, avec une justification écrite, vaut mieux que de le laisser silencieusement devenir un indicateur qu'on ne regarde plus.
La valeur d'un objectif financier ne vient pas du chiffre fixé en janvier, elle vient de la comparaison régulière entre ce qui était prévu et ce qui se réalise. C'est cette comparaison, mois après mois, qui transforme un objectif en véritable outil de pilotage.